Développer sa créativité : improviser et composer au piano

Du 17 au 21 février 2020

Apprendre le piano n’est pas une technique que l'on façonne, ce n’est pas un objet extérieur à soi.

Jouer du piano mobilise notre être en profondeur, c’est puiser en soi un potentiel « inouï » et lui permettre de se déployer et de se révéler.

Là, commence la joie véritable de jouer du piano, comme autant de naissances de soi.

Catherine Schneider

Programme 

Exercices d'écoute (résonances longues, harmoniques, vibrations, fréquences, battements).

Sensibilisation au timbre (le son dans sa texture, matière, densité, couleur).

Expérimenter différentes modalités et postures d'écoute. Mises en application au piano.

Ouverture à l’improvisation libre, modale, sur un bourdon, à partir de contraintes pertinentes, en solo et à quatre mains.

Analyse du matériau utilisé dans diverses œuvres du répertoire.

Structurations de séquences improvisées individuelles et collectives.

Objectifs

Apprivoiser et développer sa créativité

Améliorer son écoute, la technique,  la confiance en soi, le jeu par cœur.

Développer un rapport complice avec le piano.

Optimiser son potentiel au piano

Accueillir ses doutes, peurs, complexes et découvrir de nouveaux horizons

Lieu 

  • Studio Hasselmann 10 rue du commandant Pilot

  • Neuilly Sur Seine (métros Porte Maillot ou Sablons)

 

Horaires

  • Lundi : 14h30-17h30

  • Mardi, mercredi, jeudi : 10h-12h et 14h30-17h30

  • Vendredi : 10h-12h

Repas

  • Pour ceux qui le souhaitent, déjeuners pris en commun dans les restaurants du quartier

Public

Tous âges, tous niveaux. Limité à 4 personnes.

Le trac, le manque de confiance en soi, sont des sentiments qui apparaissent comme désagréables et dont on souhaiterait souvent se débarrasser. Je pense qu’ils sont le reflet de notre aspiration profonde à nous connecter à notre intériorité. En cela, ce sont de précieux alliés.

Ils nous rappellent que les jugements extérieurs (qu’ils soient positifs ou négatifs) ne concernent que notre moi social. En nous, il y a une part intérieure, personnelle, unique, qui attend d’être nourrie.

L’Art est un des moyens de se connecter à cette part profonde en soi. C’est là que nait l’inspiration, l’intuition, la confiance. Travailler son piano implique des connaissances, des aptitudes, mais avant toute chose, cela implique un état de ravissement, d’émerveillement, qui n’a rien à voir avec le degré de maîtrise ou d’avancement du morceau, ni avec une quelconque naïveté. C’est une qualité de présence qui donne corps et substance à toute activité.

Cette qualité de présence se développe en savourant ce que l’on fait, en se connectant au plus profond de soi, avec humilité, sincérité, en écoutant ce qui s’offre à nous. C’est une attitude d’accueil, d’ouverture, de célébration.

Les pratiques d’invention sont idéales pour se connecter à son intériorité. C’est ce que je vous propose du 17 au 21 février dans le cadre du stage « improviser et composer au piano ».

Aucun prérequis en improvisation ou composition n’est demandé.  Le stage est ouvert à tous les niveaux, même débutants. Ce qui compte, ce n’est pas la complexité des éléments utilisés, ni la technicité, ni la virtuosité, L’essentiel n’est pas là. L’Art est de l’ordre de la transcendance.

Développer sa capacité à jouer avec le langage et le matériau musical permet d'améliorer

la compréhension des œuvres, l'expression, la mémorisation et la détente corporelle.

 

Pour un jeu plus naturel  et

un rapport complice avec le piano

Pour en finir avec les idées reçues sur les pratiques d’invention.

 

Le mot « improvisation » porte des significations contradictoires. Dans la vie de tous les jours, improviser signifie « bricoler » quelque chose de dernière minute. Elle est plutôt bien vue et considérée comme une habilité à s’en sortir « à bon compte ».  A contrario, dans certaines situations professionnelles, l’improvisation peut être appréhendée comme synonyme de manque de préparation, voire de fumisterie. Dans ce cas, elle peut être accueillie avec réserve ou mépris.

 

En musique, l’improvisation fait peur. On lui attribue peu de place dans l’enseignement. Et en famille, il est rare de laisser un enfant improviser librement au piano. Le « bruit » va déranger, le résultat sera jugé disharmonieux. Tandis qu’en dessin, nombreux sont les parents ou grands-parents qui s’extasient sur les « gribouillis » des petits.

 

Au piano, l’improvisation peut recouvrir des formes très variées : improvisation libre, improvisation modale, tonale, dans le style de etc. Dans tous les cas, elle mobilise la créativité, l’esprit d’initiative, le plaisir de jouer avec les sons, les rythmes, les timbres, les harmonies. Les objectifs peuvent aller de la simple aisance à jouer avec le matériau musical à la plus grande maitrise.

 

En classe, nous avons tous appris à « jouer » avec les éléments du langage pour l’apprivoiser : réécrire un texte en changeant le temps des verbes, remettre les mots dans le bon ordre, trouver des synonymes etc. Si quelqu’un nous raconte une histoire, nous sommes capables de la résumer, de broder autour, d’écrire une suite, de la commenter. De la même manière, on sait qu’un enfant commence à maîtriser la langue quand il commence à faire des jeux de mots.

 

En musique, cette souplesse avec le langage et le matériau musical a été longtemps ignorée, voire taboue. Respecter le texte d’un grand compositeur n’empêche en rien de savoir manipuler les éléments qui le constituent. Rester enfermer dans l’exécution « stricto sensu » d’un texte sans se l’approprier véritablement, nuit aux acquisitions et empêche d’en comprendre la structure, la grammaire, le sens. Le pianiste se retrouve dans la position d’un récitant qui lirait son texte en phonétique, en restant totalement étranger à ce qu’il lit.

 

Il est temps d’apprendre à jouer avec les éléments du langage musical afin de les intégrer. De jouer avec les paramètres musicaux, les structures, les configurations, les accords, les sons. C’est le gage de progrès significatifs tant en lecture, qu’au niveau de l’interprétation, la mémorisation, la gestion du trac.

 

Actuellement, de nombreux articles ventent la créativité. Après des générations où l’obéissance a été valorisée, réclamée, revendiquée, il est maintenant admis que la créativité est facteur d’épanouissement, de développement et de performance. En reprenant les mots de Valery, je dirais de l’improvisation qu’elle est « le champ possible d'une connaissance communicable de l'art en train de se faire ». L’ambition de Valery était de ne jamais séparer le désir de comprendre du plaisir de faire. La citation originale est « Dans une fureur sacrée de comprendre pour faire et de faire pour comprendre ». Valery, P. (1948)

 

En musique, la créativité peut prendre des formes multiples : ce peut être un esprit d’artisan « bricoleur » de sons ou d’instruments, ou celui d’un coloriste qui joue avec les différentes palettes, ou encore celui du poète qui se laisse aller à la rêverie. La créativité peut également intervenir dans la manière d’appréhender un morceau, de le choisir, de l’interpréter, ou encore la façon de concevoir des cadres d’enseignement, des prestations publiques ou des supports pédagogiques. Il y a de la place pour tous les talents. L’improvisation ne se limite pas à une réalisation aboutie pour épater un public. C’est aussi et surtout un cheminement, un processus, qui permet de progresser et de s’épanouir.

 

Il est également temps de sortir d’une conception de la musique, où se montrer en public devrait être l’aboutissement obligé. Les espaces de partage comme les stages sont des occasions d’apprendre à jouer « avec » d’autres personnes, de créer des compagnonnages, se faire des amis et des alliés. Chacun a sa place, il n’y a aucune comparaison, évaluation, classement. Vous n’avez rien à prouver, seulement à éprouver.

 

Le destin de chacun est unique. La compétition n’a pas d’intérêt dans les disciplines artistiques. La surenchère du « plus », plus grand, plus vite, plus difficile, ne sert pas le bonheur. Ce qui compte, c’est ce qui est vécu intérieurement. C’est un trésor que chacun porte en soi, que personne ne peut nous dérober. C’est la liberté suprême, celle du jardin intérieur.

 

Jouer du piano n’est pas une technique que l’on façonne, ce n’est pas un objet extérieur à soi. Jouer du piano mobilise notre être en profondeur, c’est puiser en soi un potentiel « inouï » et lui permettre de se déployer et de se révéler. Là, commence la joie véritable de jouer du piano, comme autant de naissances de soi.